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RAT DE CAVE



RAT DE CAVE AVEC CROCHET XIXème Bourgogne
Conçu il y a plus de mille ans, le rat de cave est un objet indispensable pour tout bon vigneron. Le rat de cave est un bougeoir à binet coulissant qui sert de support pour une seule bougie.
En lien direct, le rat de cave est aussi une fine bougie enroulée sur elle-même, le bougeoir qui accueille cette fine mèche torsadée est légèrement différent en forme et à l’usage mais il porte aussi le nom de rat de cave.
Et en ce qui concerne l’orthographe, le terme « rat de cave » s’écrit avec ou sans tiret.

Il semblerait que qu’il ait été mis au point et employé par les moines de l'abbaye de Cluny. Il en existe d’ailleurs un exemplaire très ancien qui est visible au Musée Orchier de Cluny.

Ce bougeoir si particulier est composé d’un fût en fer en forme de bobine torse fixé sur une base très stable. Il peut s’agir d’un plateau en fer supporté par 3 pieds donc tripode ou d’un support en bois tourné qui a la forme d’une demie boule retravaillée.
Une vis mobile, dite ascenseur, logée dans le fût permettait de faire remonter la bougie au fur et à mesure qu’elle se consumait.
La prise, appelée queue de rat en raison de sa forme particulière offre une préhension facile et éloignée de la source de chaleur.
Cette anse qui a la forme d’un crochet permettait au vigneron de ficher ce bougeoir dans une cavité du mur de la cave ou sur un mur, le bougeoir étant maintenu par un anneau ou une languette, mais encore sur une poutre ou sur le rebord du tonneau.
Son fond plat ou sa base tripode, tous deux réputés pour être très stables permettaient de le poser sans crainte qu’il ne se renverse.
Ce bougeoir avait donc la fonction première d’éclairer le vigneron dans sa cave, mais aussi plus largement tous ceux qui allaient dans un lieu obscure.
La seconde fonction du rat de cave est en lien avec la vigne et le travail en chai.
Le rat de cave approché d’une bouteille reflétait les dégagements gazeux du vin grâce aux variations de couleur de la flamme.

On trouve les rats de cave principalement en Bourgogne et en Normandie mais aussi dans le reste de la France, ce qui explique que la provenance semble toujours difficile à identifier.
Il semblerait cependant que les rats de cave normands aient un support en bois tourné et ceux de Bourgogne un support en fer forgé tripode.
Le rat de cave normand est aussi appelé queue de cochon et vous l’aurez compris, ce nom est donné par la forme du fût.
En ce qui concerne les tailles, les plus petits mesurent 17 cm de haut et les plus grands près de 30 cm, la taille moyenne se situant autours des 20 cm.
En salle des ventes, vous pourrez acheter des rats de cave datant du début du XVIIIème siècle, jusqu’aux plus récents datent du début XXème siècle.
Les prix dépendent de l’âge et de l’état de l’objet : un rat de cave du XVIIIème siècle vaut entre 300 et 1 000 €.
Un rat de cave bourguignon du milieu du XIXème siècle vaut environ 200 €.
Les rats de cave normands sont moins prisés à cause de leur pied en bois et ils valent, en parfait état, entre 20 et 60 €.

Et pour finir par une petite anecdote, il se dit aussi qu’on entassait plusieurs morceaux de chandelles dans le rat de cave d’où l’expression : « Des économie de bouts de chandelles ».

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PICHET TROMPEUR



PICHET TROMPEUR AUVERGNE XXème siècle
Voici un article qui vous mettra le sourire aux lèvres, puisque aujourd’hui j’ai décidé de vous parler des pichets trompeurs.
Aussi appelé pot trompeur, pot ou pichet à surprise, pot à illusion ou aiguière trompeuse, ce pichet n’a qu’une seule vocation… vous divertir en vous faisant creuser la tête !
Et ce petit jeu daterait du XIVème siècle, probablement né en Saintonge.
br> Tout l’intérêt d’un tel pichet réside dans sa facture.
Il se présente comme un pichet classique, pansu avec une anse sauf que son col est totalement ajouré et qu’en plus, il peut posséder plusieurs goulots ou orifices sur le bourrelet du col.

Mais alors faire couler son contenu sans en mettre partout?
Après avoir bien manipulé l’objet, nombre d’entre nous donneront leur langue au chat !
Voici donc la réponse !

On ne peut boire le contenu du pichet qu’en aspirant par un ou plusieurs des petits goulots repercés présents sur rebord du col (les goulots sont aussi appelés tétines).
Le bourrelet (système à tubulures creuses) qui forme un rebord communique par l’anse, elle aussi creuse. Au fond du pichet, vous verrez que l’anse possède une ouverture!
Mais ce n’est pas tout, car il vous reste une énigme à résoudre.
Si vous tentez, avec ces renseignements de boire au pichet trompeur, vous n’aspirerez que de l’air… Mystère, mystère…

Avez-vous bien regardé votre pichet sous toutes ses coutures ?
Oui ? Alors vous aurez peut-être remarqué un petit trou dans l’anse, situé au niveau du col, presque invisible car en dessous.
Et bien voilà, il ne vous reste plus qu’à mettre un doigt dessus pour le boucher, aspirer de nouveau et le tour est joué !

Certains pots à surprise sont légèrement différents.
Leur col n’est pas ajouré mais ils sont composés de deux corps pansus fixés l’un sur l’autre qui ne communiquent pas entre eux.
Le pot se rempli alors par un orifice situé sous la base, fermé par un bouchon. Il suffit d’aspirer par le goulot pour boire car l’anse creuse fait communiquer les deux corps du pichet.
Ces pichets trompeurs proviennent des régions ou ville de Rouen, Auxerre (et du reste de la Bourgogne), de Malicorne et du reste de la Sarthe, de Lille, La Rochelle et de Quimper pour des plus récents.
La région de la Sarthe en a produit du XVIIème au XIXème siècle.
Il ne semblerait pas que dans le Sud et l’Est de la France, ce type de pot ait été crée.
Sachez cependant qu’on en trouve en Italie et en Chine.

Pour beaucoup, ces pots sont en faïence, en terre vernissée ou en grès pour la Puisaye. Plus rarement, il en existe aussi en verre.
Il faut aussi ajouter que certains possèdent des couvercles non amovibles, tels les pots à surprise.
De très nombreux pots en terre vernissée datent du XIXème siècle et sont majoritairement sans décor.
En ce qui concerne les décors, voici quelques indications.
Le col a la spécificité d’être ajouré d’une frise et cela fait office de décoration pour nombre d’entre eux.
Certains décors sont obtenus par ajout de matière, ils sont donc en relief.
La majorité pots en faïence est dite de "grand feu" : la palette des couleur est plutôt restreinte à cause de la température élevée de la cuisson : du bleu de cobalt, le plus utilisé, du violet de manganèse, du vert de cuivre et du jaune d'antimoine. Sur les pichets du XIXème siècle, il n’est pas rare de trouver des petites phrases sur la panse.
En voici un bref échantillon : « In vino veritas », « Bonum Vinum », « Buvez, je le veux bien, mais sachez placer votre main », « Bois, si tu le peux », « Prend ce pichet et trouve son secret »…
Les phrases sont peintes sur la faïence et incisées sur la terre vernissée.

. De très nombreuses tétines sont enjolivées : elles peuvent représenter de petits animaux tels des chats, oiseaux, escargots, des grenouilles ou simplement des spirales ou des boules.
Le motif des pampres se trouvent aisément sur les pichets du XIXème siècle de Malicorne.
Sur les pichets datant du XVIIIème siècle, on peut trouver de très belles vues animées ou des scènes religieuses.
Certains pichets sont dits patronymiques car portent le nom de leur propriétaire.
Un bon conseil, pour identifier la provenance du votre pichet, identifiez d’abord la matière puis le décor.
Ces derniers sont souvent caractéristiques d’une région ou d’une ville.

Dernière information, ces pichets pouvaient être offerts comme présent d’amour.

Enfin, pour ceux qui s’intéressent au marché du pichet trompeur, sachez qu’un pot du XVIIIème tel un Rouen ou un Moulins comme présentés ci-après valent au environ de 1 500 €.
Ceux qui datent du XIXème siècle valent entre 80 et 500 € selon le décor et l’état (attention aux cassures des tétines et aux fêles sur la tubulure !)

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SABOTS DE BETHMALE



CARTE DU COUSERANS
Ce sabot est unique au monde, il se fabrique seulement au coeur des Pyrénées, dans l'Ariège, dans la vallée de Bethmale.
En jetant un œil sur la carte ci-dessous, vous pourrez localiser la vallée de Bethmale qui se situe à 15 km en dessous de Saint-Girons, chef lieu de l’Ariège. Elle comprend les villages d’Arrien, de Villargein, d’Aret, de Samortein, d’Ayet et de Tournac.

Le Couserans est Gascon alors que le pays de Foix est d’expression Languedocienne. Bethmale est en Couserans et comme de nombreuses vallées pyrénéennes, elle est relativement encaissée et ne communique que difficilement avec les autres.

Le nom de la vallée est d’origine latine : Bethmale ou Bammale.
Il semblerait signifier que la vallée fût mal fréquentée sans soit parce qu’elle était le repaire de nombreux fauves ou alors à cause de la particularité de ses habitants.

Dans la vallée de Bethmale, le costume ne serait pas complet sans les sabots.
Comme certains sabots de montagne, le sabot de Bethmale est en bois, il a la forme d’un croissant de lune, sans talon, avec une pointe étroite et franche assez effilée. L’extrémité est longue, droite, mince et se relève comme un dard et regarde le ciel.
La particularité vient des pointes qui sont beaucoup plus hautes que partout ailleurs (30 cm). La décoration avec des clous de cuivre court de ces pointes jusqu’au dessus du sabot qui est agrémenté d’une large bride de cuir. C’est presque toujours un coeur qui est dessiné avec ces clous à tête ronde.

Il y a plusieurs explications concernant les origines de ce costume traditionnel. Elles sont regroupées en quatre hypothèses :

-La première et la plus connue attribuant l’origine du costume au le retour d’un bethmalais au pays vers l’an 1600 après un long voyage en Grèce. L’isolement de la vallée a ainsi empêché son évolution.
Jacques Bégouën, le spécialiste en la matière, explique aussi que ce bethmalais avait notamment ramené de ses pérégrinations un harem et de nombreux serviteurs ; cette population fit souche dans la vallée et conserva ses coutumes. Mais les moeurs inhabituels scandalisèrent les habitants des vallées voisines, qui mirent Bethmale au ban de la société, d’où la conservation de ce costume d’origine grecque.

-La seconde hypothèse est émise par l’abbé Duclos. Dans son Histoire des Ariégeois (1881-1887), il attribue l’origine du costume à une peuplade d’Irlandais habitant une île grecque et ramenée par le seigneur de Solan à son retour des croisades. Ils s’installèrent dans la vallée et adaptèrent leur costume aux rigueurs du climat tout en gardant son cachet d’origine.

-La troisième évoque un fait historique marquant : la Guerre des Demoiselles. Les nouvelles réglementations forestières troublaient les profondes traditions des communautés de montagne.
En effet, la matière première pour tous les ustensiles ménagers, outils des champs, ainsi que pour les sabots, était le bois et chacun avait l’habitude d’en user librement en forêt. Les nouvelles réglementations forestières provoquèrent une révolte qui renforça chaque communauté dans son unité et sa différence par rapport aux voisines et au pouvoir central. Ces différenciations sont apparues dans les manières de se vêtir. La forme particulière du sabot Bethmalais pourrait dater de cette époque, symbole d’une sorte de défi aux autorités forestières.

- La dernière hypothèse ne concerne que les sabots et se base sur une légende populaire plutôt cruelle que voici.
Cette histoire se déroule autour de l’an 1000.
Les Maures avaient conquis la vallée.
Boadbil, le fils du chef des Maures s’épris d’Esclarélys, fille de la vallée.
Elle fût donc la maîtresse du Maure, sans l'ombre d'un remords, car son fiancé, Darnert le pâtre chasseur s'était enfui dans la montagne, à demi-fou disaient les vieux du village. Esclarélys et Boadbil vivaient heureux.
Un à un, tous les gaillards du Val de Bethmale disparaissaient.
Dans la montagne, Darnert, le fiancé d'Esclarélys, doué d’une grande force et d’une grande rapidité chassait et mangeait le coeur des bêtes.
Dans les grottes et dans les gouffres, il visitait ses frères, bergers vagabonds comme lui venus se cacher dans la montagne, attendant courageusement le moment de délivrer leur vallée des Maures.
Dans le village, les Maures humiliaient et suppliciaient vieux, femmes et enfants.

Boadbil et Esclarélys vivaient leur amour éperdument. Un soir de lune douce épandue sur le lac, les vieillards de la vallée entendirent des cris sauvages.
Le chef Maure s’inquiétait, voilà une semaine qu’il n’avait pas vu son fils.
De son côté, Darnert qui avait déraciné deux jeunes noyers au bord d'un talus, travaillait les souches anguleuses à la hache et au couteau, creusant et polissant de longs jours.

Un matin clair, les cris des pâtres retentirent de cimes en cimes. Le même cri que nous appelons de nos jours le « hilet ».

Vêtus de peaux de bêtes, de flèches, la dague au flanc, l'arc et le pieu sur l'épaule, les pâtres vagabonds de la montagne s’abattirent sur le village. Le soir, tous les Maures du Val de Bethmale étaient morts ou prisonniers.

Malgré la victoire l'épouvante glaçait les bethmalais.
Sur la place du village, Darnert s'arrêta devant le chef des vaincus.
Darnert portait des sabots étranges (esclopes), en forme de croissant de lune. Ils relevaient une pointe fine aiguë comme un dard.
Chaque pointe traversait un morceau de chair, celui du sabot droit plus volumineux que celui du sabot gauche.
Puis désignant la haute montagne où tournoyaient les corbeaux, Darnert dit au Maure : "Là-bas, au seuil de ma grotte, tu trouveras les cadavres de ma fiancée et de ton fils, sauf le coeur trompeur d'Esclarélys et le coeur de Boadbil".

Ayant dit cela, Darnert fit ranger d'un seul côté toutes les filles du pays en âge de convoler en justes noces et il passa devant elles : les jeunes filles regardaient le coeur d'Esclarélys à la pointe du sabot de Darnert.

Malheureusement, aucune preuve ne permet de privilégier une hypothèse aux autres.

Depuis ce temps-là, le soir de Noël, le fiancé offre à sa fiancée une paire se sabots à longues pointes, habillés de cuir et richement décorés de pointes dorées dessinant un coeur (sur le dessus du sabot).
Il offre aussi une quenouille rouge et un fuseau, le tout fabriqué avec tout son amour -- plus la pointe des sabots est longue, plus l'amour est ardent.
En retour, la fiancée lui offre un tricot en laine brodé de velours et une bourse empanachée de rubans, de paillettes ou de jais.

Il passe rarement des sabots de Bethmale anciens sur le marché.
Ceux du début du XXème sont vendus aux alentours de 200 € la paire.

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VIERGE D'ACCOUCHEE



VIERGE D'ACCOUCHEE XVIIIème Nevers
Une Vierge d’accouchée est une statuette en faïence représentant la Sainte Vierge couronnée et portant l’enfant Jésus dans ses bras.
C’est un objet qui que l’on trouve couramment dans les foyers aux XVIIIème et XIXème siècles.
Une vraie Vierge d’accouchée se reconnaît par sa couronne évidée, au fond duquel il y a un petit trou, c’est un détail important car sans le trou il s’agit d’une statuette bénitier.
Ce trou permet de faire couler une petite quantité d’eau bénite dans la statuette, dont le fond est entièrement hermétique.
Certaines ont aussi un trou sur le socle de la statuette qui permet de récupérer un peu d’eau bénite.
Attention, de nombreuses Vierges à l’enfant sont appelées Vierges d’accouchées de manière abusive : seules celles comportant une couronne évidée et un trou dans celle-ci sont des Vierges d’accouchées.

Mais revenons à notre descriptif.
Dans cette couronne, une bougie était fixée et allumée lorsque la femme enceinte commençait son travail, la statuette était alors posée sur le chevet de la future maman.
La bougie devait brûler jusqu’à la fin de l’accouchement et les membres de la famille, rassemblés dans la pièce de vie, priaient pour que l’accouchement se déroule bien pour la maman et le bébé.
Les Vierges d’accouchées sont aussi appelées Vierges accoucheuses car Sainte Marie est la sainte patronne et protectrice des femmes qui accouchent.
Il est d’ailleurs important de rappeler que très longtemps les futures mamans ont accouché à la maison, aidées par certaines femmes du village, ayant pratiques et connaissances telles des sages-femmes.

Cette statuette servait principalement pour les accouchements et c’est de là qu’elles en tirent le nom.
Cependant la Vierge Marie est aussi la sainte patronne des Hommes en général, des vignerons, des pêcheurs, des cuisiniers et qu’elle est invoquée pour protéger les cultures des intempéries, la statuette servait à d’autres occasions, pour d’autres prières ou invocations.

« Les Vierges accoucheuses, très répandues dans les campagnes du Coglais, sont vendues par des colporteurs et autres marchands ambulants, qui les font venir de Rennes. Présentes dans tous les foyers, elles se placent sur la cheminée, sont rangées dans des niches en bois dites « boites à Vierge », ou trônent dans un meuble typiquement régional, appelé « oratoire », dans lequel on place aussi un crucifix, deux vases et la couronne de mariée. »
Issu du site http://fr.topic-topos.com/vierge-daccouchee-saint-etienne-en-cogles

En ce qui concerne la polychromie, la gamme de couleurs employées est toujours plus ou moins la même : du bleu pour le voile qui est uni et plus rarement parsemé de fleurs, du jaune pour la couronne, la robe est couverte de semi de fleurs ou de rayures, très, très rarement unie. Les parties de peau sont laissées blanches.
Ce sont majoritairement des faïences de grand feu car la palette de couleurs employées est assez restreinte.
L’enfant Jésus est présenté nu ou habillé, portant un vêtement complet ou juste un pagne, dont les couleurs sont assorties à celles des vêtements de la Vierge. Il porte souvent une croix autour du cou, si la Vierge en porte une. De rares Vierges sont assises, il faut le souligner. L'enfant Jésus a très souvent un bras posé sur sa mère.
La Vierge porte l’Enfant Jésus à 99% sur le bras gauche.
Rares et recherchées sont donc les Vierges portant l’enfant sur le bras droit !< br> Sur la base de la statuette, qui est soit ronde, soit ovale, soit carrée, il y a régulièrement une inscription religieuse.
Voici un petit panel de ce que l’on peut trouver :
-Ste Vierge
-Sainte Vierge
-Notre Dame de Grâce
-Sainte Marie
- Marie
-Av. M (pour Ave Maria)
-Av Ma (idem)

Ces Vierges d’accouchées se trouvent principalement en Bretagne, région très dévote.
Les grands centres de production de ces statuettes se trouvent à Quimper, à Nevers, dans la Sarthe et dans le Centre.
Pour vous aider à identifier la provenance, voici quelques repères.
Les couleurs bleu et jaune, toutes deux pâles, sont typiques de la Bretagne.
Dans l’auxerrois, on trouve des décors à l’éponge, avec des couleurs plus soutenues et à Nevers, il y a des touches de couleurs vertes, et de belles représentations florales sur le vêtement de la Vierge.
Les plus recherchées sont celles fabriquées par la maison Porquier Beau, à coté de Quimper.

Une Vierge d’accouchée mesure 20 cm pour les plus petites et 50 cm pour les plus grandes (les plus grandes sont souvent de chez Porquier Beau).
Il faut compter entre 100 et 2 500 € pour une Vierge d’accouchée, la palme des plus chères, vous l’aurez compris, revenant à la maison Porquier Beau.
On trouve autant de Vierge d’accouchée datant du XVIIIème que du XIXème siècle.
C’est un objet qui se trouve assez facilement dans les ventes aux enchères de céramiques ou d’art populaire !
Dernière info, il n’est pas rare qu’une Vierge d’accouchée soit signée ou monogrammée.

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INSIGNE DE CONSCRIT



INSIGNE "BON POUR LES FILLES"
Le conscrit est un jeune homme qui est appelé à servir son pays, lors d’une guerre.
C’est au tout début du XIXème siècle que la conscription bat son plein.
C’est la loi Jourdan qui l’institue en 1798 (an VII) : tous les hommes peuvent être mobilisés en temps de guerre, tandis qu’en temps de paix l’armée fait principalement appel à des engagés volontaires.
Pour mettre en œuvre cette décision, tous les hommes âgés de 20 ans (sauf les hommes mariés, les infirmes, etc.) seront inscrits ensemble sur une liste de recrutement, d’où le terme de conscription.
Ce système de l’obligation militaire sera supprimé à la Restauration.

La conscription devient alors un rite.
Il y a d’abord le tirage au sort, puis la visite médicale qui permet d’éliminer ceux qui sont impropres au service militaire.
Pour les « chanceux » qui auront passé la visite médicale avec succès, on leur remet un insigne, objet de cet article, sur lequel il y a noté en gros et en lettre rouge bien visibles: BON POUR LES FILLES !
Cette épinglette est alors accrochée sur le couvre chef du conscrit.
Il semblerait aussi que l’on puisse trouver des billets qui s’épinglent aussi sur le chapeau avec noté, bien visible : BON POUR LES FEMMES NUES.

L’insigne se compose d’une plaque emboutie, fixées sur une épingle, sous laquelle pend parfois un emblème militaire.
Certains insignes arborent juste un BON et la date de la conscription. On peut aussi y trouver gravé la sentence suivante : "Vive la Classe". C'était certainement pour ce convaincre d'y aller!
Assez, fréquemment et lorsque l’épingle est complète de son petit pendentif, il est facile de savoir dans quel corps d’armée le conscrit était affecté : un parachute pour les Parachutistes, une grenade pour l’Artillerie… Au dessus, il peut y avoir une petite photo grivoise mise sous verre ou une gravure représentant un conscrit sous la toise (lors de la visite médicale), validant sa conscription.
Ces médailles sont en laiton ou en cuivre embouti. Certaines sont polychromes et de très nombreuses étaient dorées.

Cet insigne est un faire-valoir de virilité à la fois recherché et qui permettait bien des comportements délurés avant le départ. C’est aussi le badge que tout le monde redoutait ! Le conscrit est aussi couvert de multiples cocardes, médailles et épinglettes.
C’est pour eux l’occasion de se montrer et de repérer les filles à marier en frappant à toutes les portes, tout cela en faisant des farces et en buvant abondamment.
Ils reçoivent à ce moment là leur canne de conscrit, canne en verre contenant de l’alcool (objet d’un autre article).
Quoiqu’il en soit, le mythe des conscrits, joyeux, insouciants, partis fleur au fusil est tenace.
En 1914, c’est avec la peur au ventre que les conscrits iront au front se faire massacrer.

Cet insigne peut se trouver relativement facilement lors de vide greniers ou brocantes.
Il a un prix très modeste puisqu’il vaut entre 1 € et 5 €.
C’est son état qui déterminera son prix et s’il est complet ou non.

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